Actus et Communiqués de Presse

25/09/2014

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Septembre 2014 - Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français

Actualité paradoxale concernant le pouvoir d’achat : Après les annonces de Manuel Valls, une recrudescence des inquiétudes

Le pouvoir d’achat serait-il le talon d’Achille des exécutifs ? En septembre 1999, après avoir annoncé 120 milliards de francs de baisse d’impôts, le Premier ministre Lionel Jospin perdait plus de quinze points de popularité (BVA, Ipsos) ; en janvier 2008, le président Nicolas Sarkozy affichait ses vacances en Jordanie à l’heure où les inquiétudes des Français redoublaient pour leur pouvoir d’achat, et perdait lui-même près de vingt points de popularité.

Aujourd’hui, alors que le Premier ministre Manuel Valls a annoncé la suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu (et des allègements ou suppressions d’impôt sur le revenu concernant neuf millions de foyers fiscaux), cette nouvelle vague de notre baromètre révèle paradoxalement que les inquiétudes des Français s’intensifient pour leur pouvoir d’achat, et une large majorité estime que l’exécutif ne fait "pas vraiment d’efforts" en la matière.

Recrudescence des inquiétudes, et sentiment d’inaction de l’exécutif

Après les annonces fortes effectuées par le Premier ministre (le mercredi 17 septembre au matin) au lendemain de sa déclaration de politique générale, les résultats enregistrés dans le cadre de cette enquête apparaissent inattendus :

  • Près de six Français sur dix (59 %) estiment que leur "pouvoir d’achat va diminuer" au cours "des trois prochains mois" ; et ce résultat consacre une progression de six points par rapport aux données enregistrées en juin ;
  • Près des trois quarts (73 %) pensent que "François Hollande et Manuel Valls ne font pas vraiment d’efforts pour améliorer le pouvoir d’achat des Français".

Le mystère de l’impôt : doutes, discrédit et réactivations

Comment comprendre ce "mystère de l’impôt", qui veut que les inquiétudes progressent au moment même où des nouvelles positives sont annoncées ?

  • La première explication est celle du doute quant à la concrétisation : entre l’annonce d’une mesure et le bénéfice tangible constaté par les contribuables, un délai a lieu qui autorise toutes les méfiances ;
  • La deuxième explication tient au discrédit de la parole politique, qui conduit un nombre croissant de Français à entendre avec un a priori critique toute réforme nouvelle, leur soit-elle favorable ;
  • La troisième explication, la plus spécifique à la question de l’impôt, tient à l’inéluctable rappel de la pression fiscale à la mémoire des contribuables, dès que toute réforme est envisagée en la matière. Même une annonce de baisse d’impôts, en portant simplement cet enjeu sur le devant de la scène médiatique et politique, réactive l’idée selon laquelle les prélèvements de toute nature sont excessifs ;
  • Plus globalement, la progression des inquiétudes s’inscrit dans un contexte de conjoncture économique (chômage, croissance) qui offre peu de raisons d’espérer.

Des mesures qui vont néanmoins dans le bon sens

Pour autant, les mesures annoncées ou envisagées par le gouvernement ne sont pas jugées inutiles par les personnes interrogées. Pour redonner du pouvoir d’achat aux personnes concernées :

  • Une très large majorité (73 %) estime "efficace" d’"alléger l’impôt sur le revenu des classes moyennes" ;
  • La moitié (49 %) juge "efficace" de "faire sortir de l’impôt sur le revenu (ou empêcher d’y entrer) les ménages les plus modestes" ; ou également (47 %) de "réformer les professions réglementées".

Ainsi ces résultats obtenus ne signifient pas que Manuel Valls ne capitalisera, en termes politiques et d’opinion, sur ces réformes. Mais il devra pour cela attendre que les contribuables en perçoivent les bénéfices réels, et qu’ils attribuent ces bénéfices au gouvernement.

Le baromètre en chiffre