Actus et Communiqués de Presse

31/10/2013

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Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français - Octobre 2013

Signes d’amélioration de la conjoncture mais détérioration des niveaux de vie : Un effet de ciseau délétère et anxiogène pour les Français

Les inquiétudes des Français en matière de pouvoir d’achat demeurent à un niveau très élevé en cette fin d’année (63 % étant pessimistes), malgré l’amélioration de la conjoncture économique. Et si les ménages n’apparaissent pas plus optimistes pour les mois à venir, c’est qu’ils ne voient pas, à l’heure actuelle, d’opportunités pour améliorer leur niveau de vie :

  • Face à une politique fiscale anxiogène, qui rencontre des oppositions croissantes au sein de l’opinion publique (taxation de l’épargne, Ecotaxe "poids lourds"…) ;
  • Mais aussi en raison du manque de revalorisation des salaires ces dernières années, une tendance qui devrait se prolonger, selon les anticipations des Français, en dépit du timide retour de croissance prévu pour 2014 (+1 % selon le FMI).

Or cette situation apparaît pour le moins périlleuse sur le plan économique : d’abord parce qu’elle influe sur la confiance globale des acteurs (ménages, entreprises), peu enclins à l’investissement comme à la consommation en ces temps incertains, ensuite parce qu’elle porte en elle des risques de tension sociale de plus en plus forte.

 

Pouvoir d’achat et revenus : les perspectives pessimistes des Français

Une large majorité des Français (63 %) s’attendent à une baisse de leur pouvoir d’achat dans les trois prochains mois, un chiffre stabilisé à un niveau élevé depuis le second trimestre (65 % en mai, 61 % en septembre), et justifié par ailleurs par les comptes nationaux :

  • Le pouvoir d'achat des ménages devrait décliner de 0,1% au 3e trimestre puis de 0,2% au 4e trimestre selon les dernières projections de l’Insee ;
  • - Si l’on prend en compte le pouvoir d’achat "ressenti" (tenant compte des dépenses contraintes), les prévisions du Bipe sont tout aussi pessimistes, avec une baisse de pouvoir d’achat estimée à 0,4 % en 2014, après une chute d’1,6 % en 2013.

Des retraités inquiets, des salariés en manque de revalorisation salariale Comment expliquer cette situation, alors que l’activité des entreprises redémarre timidement ? Plus que l’inflation, réelle mais limitée, la question du niveau des revenus apparaît aujourd’hui prépondérante, puisque seuls 9 % des personnes interrogées pensent que leurs revenus augmenteront en 2014. Ils sont à l’inverse 50 % à penser qu’ils se stabiliseront, et 38 % qu’ils diminueront. Dans le détail, ces chiffres très pessimistes peuvent s’expliquer par l’inquiétude concomitante :

  • Des retraités d’une part, qui s’inquiètent du futur montant de leur pension après le vote de la dernière réforme des retraites (repoussant leur revalorisation au 1er octobre plutôt qu’au 1er avril). Ils sont ainsi 56 % à penser que leurs revenus diminueront en 2014.
  • Des actifs d’autre part qui, s’ils sont moins nombreux à anticiper une baisse de leurs revenus (34 % des salariés du privé s’y attendent tout de même), n’imaginent pas pour autant de revalorisation de salaire courant 2014 (seuls 10 % des salariés du privé anticipant une augmentation).

Epargne et consommation menacées ?

Enfin, cette baisse attendue du pouvoir d’achat devrait être compensée par les ménages en rognant sur leur épargne, voire sur leur consommation :

  • Ils sont ainsi 52 % à souhaiter au cours des trois prochains mois "dépenser moins d’argent" pour l’alimentation et l’habillement, en hausse de 3 points en un mois. A l’inverse seuls 7 % (+1) comptent dépenser plus.
  • En matière d’épargne, les intentions se stabilisent également à un niveau faible, avec seulement 12 % (-1) des Français qui souhaitent "mettre plus d’argent de côté que ces derniers mois" contre 26 % (stable) "moins d’argent de côté".

Face à ces enjeux apparaît donc, tant sur le plan social qu’économique, un risque majeur de progression dans les prochains mois d’une réalité paradoxale, d’un effet de ciseau majeur : une amélioration de la conjoncture accompagnée d’une stagnation (au mieux) ou une détérioration (au pire) des niveaux de vie. Et si les contraintes budgétaires et les objectifs de réduction des déficits rendent difficile toute action forte des pouvoirs publics en faveur du pouvoir d’achat des Français, il y a fort à parier que cette équation complexe continuera à peser sur le débat public au cours des mois et années à venir.

Le baromètre en chiffre