Actus et Communiqués de Presse

28/03/2012

Partager :
Partager sur LinkedIn

Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français - Mars 2012

Une campagne électorale en dissonance avec les attentes des Français (emploi, pouvoir d’achat)

La campagne électorale actuelle est volontiers considérée comme "atypique", "étrange" ou "singulière". Parmi les éléments explicatifs de cette singularité figure le principal enseignement de cette nouvelle vague du Baromètre des projets : les Français perçoivent une dissonance significative entre les enjeux qui les préoccupent (emploi, pouvoir d’achat), et les enjeux abordés lors de cette campagne.

Pouvoir d’achat et emploi, contre dette publique, insécurité et immigration

Les attentes prioritaires des Français sont nettement affirmées : "l’emploi" constitue le premier enjeu dont les "candidats à la présidentielle devraient se préoccuper en priorité" (52 %), suivi par "le pouvoir d’achat" (42 %).
Ensuite, sur des scores bien moins élevés, sont cités "la santé publique" (27 %), "la dette et les déficits publics" (24 %), "l’insécurité" (23 %) et "l’enseignement" (22 %). L’immigration n’est citée qu’en neuvième position (11 %).

En contrepoint, la campagne présidentielle ne satisfait pas cette hiérarchie de priorités. Les enjeux qui y tiennent la place la plus importante, aux yeux des personnes interrogées, sont "la dette et les déficits publics" (32 %), "l’insécurité" (32 %), "l’emploi" (29 %) et "l’immigration" (25 %). Le "pouvoir d’achat" n’est situé qu’en cinquième position, à 24 %.

Cette dissonance entre les enjeux attendus et les enjeux perçus est particulièrement intéressante dans le cadre de l’"affaire" Mohamed Merah : les interviews de ce sondage ont eu lieu jeudi 22 et vendredi 23 mars, soit le jour et le lendemain de l’exécution. Autrement dit, l’importance accordée aux enjeux d’insécurité et d’immigration au cours de cette campagne apparaît nettement excessive en regard des priorités et des attentes des Français : l’affaire Merah, pour tragique et essentielle qu’elle soit, n’éclipse pas les inquiétudes économiques et sociales aux yeux des électeurs.

A ce titre, cet événement n’est pas comparable avec "l’affaire Papy Voise", survenu lors de la campagne de 2002, qui avait irradié ou nourri un sentiment d’insécurité qui constituait, alors, un enjeu bien plus essentiel pour les Français.

Pouvoir d’achat : si l’enjeu est considéré comme une priorité électorale, les inquiétudes sont moins vives

Si l’enjeu du pouvoir d’achat demeure prioritaire parmi les attentes électorales (avec l’emploi), les inquiétudes des Français sont moins vives aujourd’hui sur ce sujet : 37 % des Français estiment que leur "pouvoir d’achat" va "diminuer" au cours des mois qui viennent, soit le score d’inquiétudes le plus faible depuis la création de ce baromètre, en octobre 2010. Le mois dernier, ce taux d’inquiétude se situait à 42 %, et le mois précédent à 54 %, soit une baisse de 17 points en deux mois.

De fait, ce repli des inquiétudes s’explique moins par les propositions des candidats, que par une réduction des préoccupations sectorielles :

  • Les préoccupations concernant le "prix de l’essence", certes toujours élevées, plafonnent à 40 % (-3) ;
  • Les préoccupations concernant "l’électricité" baissent nettement (27 %, -8 par rapport aux données enregistrées il y a deux mois), au sortir de l’hiver ;
  • Les préoccupations concernant "les impôts" sont elles-mêmes relativement faibles (20 %).

En conséquence, la proportion de Français qui envisagent de réduire leurs dépenses diminue : seulement 26 % des Français envisagent de "dépenser moins que ces derniers mois" en matière d’alimentation ou d’habillement, soit un score en repli de 8 points par rapport aux résultats obtenu le mois dernier, et de 14 points par rapport à ceux recueillis il y a deux mois.

Ainsi à trois semaines du premier tour de la présidentielle, l’opinion française est dominée par un double effet de ciseau concernant le pouvoir d’achat :

  • Les inquiétudes personnelles sont moins intenses, mais le pouvoir d’achat demeure au palmarès des attentes envers les candidats ;
  • En dépit de ces attentes électorales, la campagne électorale apparaît surtout polarisée sur d’autres enjeux.