Actus et Communiqués de Presse

27/12/2012

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Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français - Décembre 2012

Les impôts locaux en tête des préoccupations en matière de fiscalité

A l’heure où l’actualité médiatique se focalise sur l’exil fiscal des plus fortunés, les Français semblent avoir d’autres préoccupations en matière de fiscalité.
Ainsi les impôts locaux arrivent aujourd’hui en tête des préoccupations : 54 % des Français citent la fiscalité locale parmi les hausses d’impôt les plus inquiétantes pour leur pouvoir d’achat, légèrement devant l’impôt sur le revenu (52 %) mais loin devant la TVA (39 %). Ces résultats peuvent paraître surprenants dans le contexte actuel, quelques semaines après l’annonce d’une augmentation de 0,4 points de la TVA pour 2014. Et si le niveau de la fiscalité locale ne met pas directement en cause le gouvernement, il n’en constitue pas moins un enjeu économique et politique majeur pour les mois à venir :

  • Sur le plan économique, car les objectifs ambitieux de baisse des déficits pour les années à venir nécessiteront sans doute un effort de l’Etat mais aussi des collectivités locales ;
  • D’un point de vue politique, ces inquiétudes précèdent la réforme territoriale mais également les élections municipales de 2014 et élections régionales de 2015, durant lesquelles la question du financement des collectivités se posera nécessairement.

L’opinion publique partagée sur les questions de fiscalité

Au-delà de cette inquiétude forte concernant les impôts locaux, des clivages importants apparaissent dans l’opinion sur les prélèvements obligatoires les plus préoccupants :

  • Les personnes ayant plus de 50 ans se déclarent les plus inquiètes pour la fiscalité locale (59 % des 50-64 ans et 61 % des 65 ans et plus) : ce sont également les catégories les mieux dotées en capital immobilier, servant de base au calcul des impôts locaux.
  • A l’inverse les actifs de moins de 50 ans s’inquiètent davantage de l’impôt sur le revenu (56 % des 25-34 ans et 58 % des 35-49 ans), tout comme les catégories socioprofessionnelles aisées (64 %)
  • Enfin les catégories les plus fragilisées en période de crise, et notamment les plus jeunes, mettent davantage l’accent sur la TVA : 46 % des 18-24 ans s’inquiètent de la hausse de la TVA, tout comme 47 % des personnes anticipant une forte baisse de leur pouvoir d’achat au cours des trois prochains mois.

Or cette fragmentation de l’opinion apparaît particulièrement périlleuse pour l’exécutif. Alors que la période actuelle laisse peu de marges de manœuvre budgétaires, les futures réformes devront réussir à concilier des inquiétudes et des intérêts divergents au sein de l’opinion publique. Elles devront également répondre aux besoins croissants des collectivités sur le plan social – la grève de la faim de Stéphane Gatignon, maire de Sevran, en étant l’expression la plus spectaculaire – tout en maintenant une fiscalité acceptable pour le contribuable, au risque de freiner la consommation des ménages, essentielle en période de rigueur budgétaire. Dans ce contexte compliqué, réaliser une nouvelle loi de décentralisation et transférer de nouvelles compétences aux exécutifs locaux sans alourdir la fiscalité locale devrait constituer pour le gouvernement un défi majeur au cours de l’année 2013.

Pouvoir d’achat : des Français moins inquiets…

Pour le deuxième mois consécutif, les inquiétudes liées au pouvoir d’achat régressent au sein de l’opinion : si un Français sur deux (49 %) anticipe toujours une baisse de pouvoir d’achat au cours des trois prochains mois, ce chiffre est en recul de 3 points en un mois et de 8 points depuis octobre. A l’inverse, ils sont 12 % à prévoir une hausse de leur pouvoir d’achat (+2). Concrètement cette amélioration des perspectives s’explique par une baisse des inquiétudes sur les principaux postes de dépense :

  • L’alimentation ne préoccupe plus prioritairement que 43 % des personnes interrogées (-4) ;
  • L’essence (31 %, -4) est également une préoccupation de moins en moins forte, profitant notamment de la baisse du prix du gazole (80 % des ventes de carburant).

Plus globalement, la relative stabilité du prix des carburants explique des inquiétudes en nette recrudescence depuis le printemps : en avril, la moitié des Français (50 %) plaçaient l’essence en tête de leurs préoccupations, soit une baisse de 19 points en moins d’un an. Le budget "énergie" des ménages devrait toutefois rester important :

  • Alors qu’une hausse de 2,4 % est prévue pour le 1er janvier, les inquiétudes liées au prix du gaz progressent fortement (25 %, +6) ;
  • La même tendance s’observe sur l’électricité (30 %, +3), alors que nombre de consommateurs redoutent de payer les retards médiatisés du chantier de l’EPR. …

Mais des perspectives d’achat à la baisse

Malgré une baisse des inquiétudes concernant le pouvoir d’achat, la consommation devrait marquer le pas au cours des prochains mois : 35 % des Français envisagent de dépenser "moins d’argent" pour l’alimentation ou l’habillement, en hausse de 3 points. Et ils ne sont plus que 11 % à penser consommer davantage (-5). Le marché de l’automobile, en revanche, pourrait profiter d’une hausse des intentions d’achat (9 %, +2). Une bonne nouvelle alors que le secteur est actuellement plutôt sinistré : les immatriculations dans l’Union Européenne ont connu en novembre leur quatorzième mois de baisse consécutive, avec une chute de 10 % qui a particulièrement touché les constructeurs français.

En conclusion, le début d’année 2013 s’annonce contrasté : si un léger retour d’optimisme se confirme sur un certain nombre d’indicateurs, la confiance générale demeure faible et encore insuffisante pour une véritable reprise de la consommation et de l’activité.