Actus et Communiqués de Presse

19/02/2015

Partager :
Partager sur LinkedIn

Février 2015 - Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français

Pouvoir d’achat : sous la baisse des inquiétudes, l’existence de deux France des rémunérations

La morosité serait-elle de retour ? Une fois tournée la page des attentats, beaucoup pronostiquaient un "difficile retour à la réalité", l’implacable évidence des difficultés économiques et sociales des Français.

Pourtant, cette nouvelle vague d’enquête Viavoice pour Groupe BPCE, Le Monde et France Info révèle une tout autre tonalité : les Français s’avèrent de moins en moins préoccupés par leur pouvoir d’achat.

Baisse des inquiétudes pour le pouvoir d’achat

Le mouvement avait déjà été amorcé à l’automne : après deux mois (septembre et octobre) au cours desquels les préoccupations avaient culminé à 59 %, celles-ci ont progressivement baissé pour atteindre 53 % le mois dernier, et 49 % désormais : pour la première fois depuis près de deux ans, en mars 2013, moins de 50 % des Français estiment que leur "pouvoir d’achat" va "diminuer" au cours des "trois prochains mois".

Cette amélioration s’explique par des anticipations moins négatives sur les trois principaux postes de dépenses de la vie quotidienne :

  • En matière fiscale : 48 % des Français se déclarent préoccupés par les impôts ; ce score demeure bien évidemment élevé mais il est non seulement en baisse sensible par rapport au moins dernier (-2) et surtout en baisse sur un trend de moyen terme, après un maximum à 54 % en octobre 2013. Cette baisse est la traduction d’absence d’annonces nouvelles de la part du gouvernement, et notamment de la suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu.
  • En matière d’alimentation la baisse est notable : 33 % des Français se déclarent préoccupés, soit un repli de 3 points par rapport au mois dernier, de 5 points par rapport à décembre. Cette érosion est le fruit d’une double tendance : d’une part une diminution de long terme des préoccupations en la matière, favorisée par la baisse du prix d’un grand nombre de produits alimentaires ; d’autre part une baisse saisonnière fréquente en début d’année, après les dépenses liées aux fêtes de fin d’année ;
  • Concernant les tarifs de l’électricité enfin : à 29 %, la chute est notable par rapport aux mois derniers. La dénonciation récente des "prix bas" d’EDF, par le nouveau président Jean-Bernard Lévy, n’a manifestement pas été de nature à inquiéter les ménages français.

Rémunérations : les deux France

En revanche, malgré ces améliorations apparaît une France clivée en matière de rémunérations. Concrètement, un actif sur deux (51 %) s’estime "mal payé" et 41 % "bien payé". Ce clivage est certes celui des milieux professionnels (59 % des employés s’estiment "mal payés" alors que 67 % des cadres s’estiment "bien payés") mais également des générations (53 % des 25- 34 se déclarent "mal payés" contre 38 % des 65 ans et plus).

Ces "deux France" en termes de rémunérations se subdivisent elles-mêmes en deux extrêmes : un monde aisé qui se considère comme "très bien payé" (9 %), opposé à un autre, défavorisé et "très mal payé" (16 %) qui fédère un employé et ouvrier sur cinq.

Divergence des dynamiques sociales

Ce clivage des rémunérations, complété par celui des anticipations en matière de pouvoir d’achat, fonde aux extrêmes deux dynamiques socio-économiques :

  •  Une France "mal payée" et qui de surcroît estime que son pouvoir d’achat "va diminuer" ;
  • Une France "bien payée" et qui n’est pas inquiète pour son pouvoir d’achat.
  • Cette divergence majeure alimente des visions concurrentes du monde sociale, économique et politique.

 Livret A : la fin d’une consécration ?

Dans ce contexte contrasté, le Livret A ne s’impose plus comme la référence pour tous en matière d’épargne. Longtemps tenu pour le placement de référence, pas trop rémunérateur mais sécurisé et fluide, le Livret A souffre aujourd’hui des faibles taux de rémunération qui sont les siens, en dépit de la volonté du gouvernement de ne pas baisser le taux du Livret A sous la barre des 1 %.

Abaissé à 1 % en juillet dernier, le taux du Livret A aurait dû être encore affaibli en ce début 2015 : théoriquement calculé en tenant compte de l’inflation et des taux des prêts interbancaires, le rendement aurait dû fondre à 0,25 %. Le gouverneur de la Banque de France a envisagé un taux à 0,75 % à compter du 1er février, évolution que le gouvernement n’a pas entérinée.

Pourtant, le Livret A ne parvient pas à conserver une nette suprématie dans le cœur des Français. S’ils disposaient d’une somme d’argent, seuls 22 % des interviewés la déposeraient sur un Livret A, 20 % sur un PEL, et 18 % sur une assurance-vie. Le PEA, en revanche, ne fédère que 5 % des préférences.

En ce début d’année 2015, le contexte est moins mauvais mais il ne s’agit pas encore d’un rétablissement. Au mieux la possibilité d’une convalescence.

Le baromètre en chiffre